Actualité
La lutte biologique par acclimatation
Qu’est-ce que la LBA
La lutte biologique par acclimatation (LBA) a pour objectif de réduire la pression d’un bioagresseur (ravageurs, adventices) en introduisant un ou plusieurs de ses ennemis naturels spécialistes. Déjà utilisée à l’étranger, elle peine à se développer en France faute de mise à disposition de solution de régulation pour les filières (introductions additionnelles, productions locales d’auxiliaires).
Implication de la SENuRA
Cette technique, et plus précisément l’acclimatation de Mastrus ridens pour lutter contre le carpocapse, nécessite encore des améliorations pour devenir opérationnelle. Le projet MOBACCLIM a notamment pour but le transfert des compétences développées par l’INRAE aux unités de production pilotes dont la SENuRA fait partie.
Mise en place du protocole
Le 24 avril 2026, une étape opérationnelle majeure pour l’avancement du projet a été franchie avec la réception du premier matériel biologique à la SENURA. L'objectif à court terme de cette action est de maîtriser localement l'élevage de l'hôte, le carpocapse (Cydia pomonella), un prérequis indispensable pour multiplier par la suite son parasitoïde, Mastrus ridens.
Les quatre étapes clés
- Induction de l'émergence : une dizaine de plaques contenant des larves diapausantes de carpocapse, fournies par l'unité INRAE de Sophia Antipolis, ont été placées à 23°C afin de lever la diapause et de provoquer l'émergence des papillons adultes.
- Phase d'oviposition : les adultes récupérés ont été introduits dans des boites de ponte dédiées pour un cycle de 7 jours. À l'issue de cette période, les papillons sont transférés vers de nouveaux modules pour maximiser les pontes (2 à 3 pontes successives), tandis que les boîtes initiales, tapissées d'œufs, entrent en incubation.
- Inoculation et double orientation du stock : dès l'éclosion, les jeunes larves néonates (stade L1, mesurant à peine 1 mm) sont transférées individuellement dans des tubes de laboratoire contenant un milieu nutritif. Cette production poursuit un double objectif :
- Le renouvellement du stock : une partie des larves est maintenue en conditions non-diapausantes (23°C et photopériode estivale) pour assurer les futures générations de papillons reproducteurs.
- La préparation du parasitisme : l'autre partie est orientée vers une phase de diapause (17°C et photopériode hivernale) afin de constituer les futures plaques de larves hôtes indispensables à l'élevage de Mastrus ridens.
- Développement larvaire isolé : chaque tube individuel permet de couvrir l'intégralité des besoins énergétiques de l'insecte tout en limitant les risques sanitaires. Un opercule de coton est apposé pour clore le dispositif, garantissant un développement optimal des larves pendant les 4 prochaines semaines.
Perspectives et finalisation du laboratoire
Ce démarrage technique coïncide avec la finalisation des travaux de la salle d'élevage dédiée.
L’objectif prioritaire de la structure pour les mois à venir reste axé sur la technicité et la biosécurité : il s'agit de sécuriser et de maîtriser parfaitement les cycles biologiques complexes du carpocapse puis dans un deuxième temps de Mastrus ridens en conditions contrôlées. La réussite de cette phase d'apprentissage en laboratoire constitue le socle indispensable avant d'envisager, à l'horizon de la saison prochaine, des applications en verger.
« Ce travail a bénéficié d’un financement d’Etat relevant de la planification écologique, au travers du dispositif du PARSADA, coordonné par FranceAgriMer. »
















